Si la beauté naturelle de l’Islande est sans égale, visiter le Cercle d’Or revient à en toucher l’essence. Là, à quelques encablures de Reykjavik, la Terre se fissure, s’élève, souffle et ruisselle. Thingvellir, Geysir, Gullfoss… des noms qui claquent comme les éléments qui les sculptent. Une boucle accessible, souvent parcourue en une ou deux journées. Un véritable voyage en Islande entre plaques tectoniques, eaux jaillissantes, cratères rougeoyants et glaciers.
Suivez le fil de cette boucle et découvrez les sites incontournables du Cercle d’Or.
Thingvellir, là où les continents s’éloignent
Au seuil du Cercle d’Or, le parc national de Thingvellir marque notre premier stop. Ici, la terre respire lentement, profondément et l’on entend presque le frémissement des âges. Dans la vallée, les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine se déchirent lentement, formant des failles béantes, comme autant de cicatrices géologiques visibles à l’œil nu.
Thingvellir n’est pas seulement un spectacle naturel puisqu’il est aussi un haut lieu de l’histoire islandaise, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Autour du lac Thingvallavatn, les sentiers de randonnée s’enroulent entre rochers noirs, cascades cristallines et faille tectonique. Et pour les plus audacieux, les eaux claires de Silfra – cette fissure submergée entre deux continents – offrent une plongée littérale dans l’intimité du globe.

Geysir et Strokkur, le souffle brûlant de la Terre
À mesure que l’on quitte Thingvellir, les paysages s’adoucissent, puis se tendent à nouveau. La terre se couvre de teintes ocres, de dépôts minéraux, de fumerolles timides. Le sol exhale une odeur de soufre. Vous entrez dans le champ géothermique de Geysir, cœur battant du Cercle d’Or en Islande.
Ici, l’eau ne sommeille jamais. Elle frémit sous la surface, s’accumule, s’échauffe, puis jaillit soudain vers le ciel dans une colonne bouillonnante. Le Strokkur, star incontestée du site, entre en scène toutes les cinq à dix minutes. Une respiration profonde, un frémissement, puis l’explosion : jusqu’à trente mètres d’eau brûlante propulsée dans l’air, sous les regards fascinés.
Autour de lui, mares laiteuses, bassins turquoise et cheminées fumantes dessinent un paysage presque irréel. Un décor lunaire, pourtant intensément vivant. Ces phénomènes, vieux de plusieurs millénaires, rappellent que l’Islande est une île jeune, façonnée par le feu, en perpétuelle création.
Gullfoss, la chute d’or en cascade
Il y a des lieux que les mots effleurent à peine. Gullfoss, littéralement « la chute d’or », fait partie de ceux-là. À la sortie du champ géothermique de Geysir, la route serpente encore un peu, puis soudain, le fracas. L’eau surgit, éclate, se déploie en deux paliers vertigineux avant de disparaître dans une gorge profonde. Une scène puissante, magnétique.
Classée réserve naturelle, la cascade de Gullfoss est l’un des joyaux les plus visités du Cercle d’Or en Islande et à juste titre. Son débit change au gré des saisons mais sa présence reste monumentale. Par temps clair, un arc-en-ciel se forme au-dessus du tumulte – trait d’union entre la lumière et les éléments, offrande silencieuse à ceux qui s’arrêtent pour voir.
Il suffit de s’approcher des belvédères, où l’écume saisit les visages, pour sentir à quel point ce lieu impose respect et humilité. Et dans le grondement de l’eau, on entend peut-être les murmures d’anciennes légendes…

Kerid, le cratère rouge aux reflets d’obsidienne
Sur la route du sud, là où le Cercle d’Or semble se diluer dans les vastes plaines de Grímsnes, un rond parfait se dessine dans le paysage. Kerid, ancien cône volcanique effondré, repose là, comme un œil ouvert sur les entrailles de la Terre. Ses parois de roche rouge sombre, striées de mousse, encerclent un lac aux eaux d’un bleu profond.
Contrairement aux géants géologiques islandais vieux de millénaires, le cratère de Kerid n’a que 3 000 ans. Un jeunot mais qui en impose. Il surgit au beau milieu d’un champ de lave, sans prévenir. L’effet de surprise est total, presque théâtral. On grimpe le long de ses rebords, on en fait le tour, on descend vers l’eau et partout, les couleurs claquent : rouge brique, vert mousse, bleu d’encre. Un contraste saisissant, presque pictural.
La lumière y joue à toute heure du jour. À midi, elle réchauffe la pierre. Au couchant, elle embrase les crêtes. Et par temps gris, elle donne au lac du cratère un éclat d’obsidienne.

Se délasser à Laugarvatn Fontana, entre vapeur et silence
Après les fracas d’eau vive, les secousses souterraines et les crêtes volcaniques, le Cercle d’Or offre aussi une parenthèse de douceur. À Laugarvatn, paisiblement lové au bord d’un lac du même nom, Fontana distille ce que l’Islande sait faire de plus enveloppant : l’art de se réchauffer au cœur même de la Terre.
Ici, les sources chaudes naturelles nourrissent un ensemble de bassins à ciel ouvert, bordés de pierre brute, d’herbe rase et de vapeur flottante. On s’y glisse sans un mot, laissant la chaleur minérale détendre muscles et esprit. Autour, les vues sur le lac et les montagnes lointaines créent une atmosphère hors du temps. Une sauna alimenté par les vapeurs volcaniques – sans artifice – complète l’expérience.
Pour prolonger la magie, Fontana propose des soins relaxants et une découverte rare : le pain de seigle traditionnel cuit lentement dans la terre, à la chaleur géothermique.
Langjökull, la cathédrale de glace aux portes du Cercle d’Or
Si le Cercle d’Or vibre de feu et de soufre, Langjökull lui oppose sa puissance glacée. À l’ouest de Gullfoss, la route s’élève vers des altitudes plus austères. Peu à peu, le paysage s’efface sous un manteau d’un blanc presque irréel. Devant vous, s’étend le deuxième plus grand glacier d’Islande, une mer gelée de près de 1 000 km², figée mais vivante, silencieuse mais grondante de l’intérieur.
Sous cette masse de glace imposante, les grottes et tunnels de glace, creusés dans le glacier lui-même, dévoilent un monde bleuté, translucide, presque sacré. On y avance à pas lents, comme dans une cathédrale polaire où chaque paroi semble respirer.
Explorer Langjökull, c’est s’éloigner un instant des sites volcaniques et géothermiques du Cercle d’Or pour entrer dans une autre temporalité. Celle d’un monde minéral et figé, qui raconte lui aussi l’histoire d’une île mouvante.
Organiser sa visite du Cercle d’Or : itinéraire, accès et conseils
Visiter le Cercle d’Or revient à tracer une boucle parfaite à travers les forces fondatrices de l’Islande. Accessible toute l’année, cette excursion est un itinéraire idéal pour une première immersion, notamment si vous disposez de peu de temps.
Au départ de Reykjavik, il suffit de louer une voiture et de suivre la route 36, puis la 35. En quelques heures, les paysages se succèdent : Thingvellir, Geysir, Gullfoss, puis selon l’envie, Kerid, Laugarvatn Fontana ou même une incursion vers Langjökull. Le tout forme un road trip d’une ou deux journées, ponctué de haltes courtes ou prolongées selon la lumière, la météo… ou le cœur.
Si le Cercle d’Or peut se visiter en un jour, il mérite souvent plus. Notre agence de voyages sur mesure propose de dormir une nuit à Laugarvatn ou à proximité de Geysir permet de s’imprégner des lieux en dehors des flux touristiques. Certaines auberges offrent même une vue directe sur les aurores boréales, quand la saison s’y prête.
Préférez un départ tôt le matin, emportez de quoi vous restaurer (même si de charmants cafés jalonnent l’itinéraire) et surtout, laissez de la place à l’imprévu.




