Au Maroc, tout semble prendre une autre dimension lorsqu’on voyage avec des enfants. Une médina devient un labyrinthe. Un étal d’épices, une palette de couleurs. Un tajine que l’on soulève devient presque un tour de magie. Partir pour un voyage au Maroc en famille – comme partout ailleurs direz-vous – permet de d’échelle.
L’avantage ici ? Le pays est proche, quelques heures d’avion – souvent des vols directs – suffisent, on y parle français et le budget permet d’offrir à tout le monde de jolies vacances.
Léa, chargée de production chez Colombus Voyages, est partie à Essaouira en famille pour en faire l’expérience. Quelques jours face à l’Atlantique avec, en filigrane, cette question : à quel point le Maroc est une destination idéale avec des enfants ?
Pourquoi le Maroc se prête-t-il si bien à un voyage en famille ?

Le Maroc possède cette qualité rare : il dépayse presque immédiatement sans demander de partir à l’autre bout du monde.
À Marrakech par exemple. Les mobylettes frôlent les murs ocre, les étals débordent d’épices et de fruits, les artisans travaillent derrière des échoppes minuscules. On passe d’une rue animée au silence d’un riad en refermant simplement une porte. Les jardins offrent une pause. Les palais racontent d’autres siècles. Le soir, la ville change encore de visage. Avec des enfants, Marrakech ressemble tout simplement à un immense décor de théâtre.
Plus loin, il y a la route vers l’Atlas. Les paysages s’élèvent, les villages apparaissent au creux des montagnes et le Maroc devient plus minéral. Ailleurs, vers le sud, les premières dunes ouvrent un horizon sans presque aucune limite. Dormir sous une tente, regarder les étoiles, se réveiller au milieu du silence : pour un enfant, ces paysages et ces moments-là relèvent du merveilleux.
Puis il y a aussi l’océan. Essaouira, Agadir, la côte atlantique. Le rythme change. Le vent se lève.
C’est peut-être cela qui rend le Maroc avec des enfants si intéressant : les paysages et les ambiances se succèdent sans jamais vraiment se ressembler. Tout comme les expériences possibles.
Goûter pour la première fois une corne de gazelle ou une viande d’agneau sucrée-salée. Observer les gestes d’un artisan dans le souk. S’arrêter parce qu’un chat s’est installé au milieu d’une ruelle. Apprendre à pétrir une pâte. Boire un thé à la menthe dont on a regardé la préparation avec beaucoup de sérieux. Dormir autour du patio d’un riad.
Au Maroc, les enfants ne sont pas cantonnés à suivre le voyage des adultes. Ils peuvent pleinement y participer.
Essaouira avec des enfants : le Maroc côté océan

Léa, notre chargée de production, est partie voyager à Essaouira avec Mila, 8 ans. Conclusion ? La ville se prête merveilleusement au voyage en famille. Léa raconte.
Le matin, la médina s’éveille doucement. Quelques commerçants installent leurs marchandises. Les premières odeurs de café traversent les ruelles. Plus tard, les passages se remplissent, les échoppes s’ouvrent et les couleurs prennent le dessus. Le soir, la lumière descend sur les façades blanches et les portes bleues tandis que l’air garde toujours quelque chose de marin.
On peut s’y perdre sans inquiétude.
Marcher dans la médina à différentes heures de la journée fut d’ailleurs l’un de nos plaisirs les plus simples. Chiner des souvenirs, acheter quelques fruits dans une charrette, choisir de la jolie vaisselle à ramener. Entrer dans une concept-store parce qu’un tee-shirt a attiré l’œil. S’arrêter pour un jus ou pour un café pris sur un rooftop, avec l’Atlantique derrière les remparts.
À Essaouira, il faut se lever tôt au moins une fois. À 8h00, sur le port, les bateaux de pêche reviennent de la mer. Les coques bleues se serrent les unes contre les autres. Les poissons passent des bateaux aux quais. Les mouettes tournent au-dessus des hommes et des filets. Pour les enfants, la scène est unique et intrigante (malgré les odeurs !)
Pour compléter le séjour, le choix est large ! Déjeuner dans un jardin à l’écart de la ville, comme aux Jardins des Douars. Découvrir le hammam. Goûter l’huile d’argan alimentaire et surtout l’amlou, cette pâte d’amandes, de miel et d’huile d’argan qui a une fâcheuse tendance à disparaître très vite au petit déjeuner. Aller à la plage. Une plage immense avec l’océan d’un côté, la ville de l’autre.
Plus qu’une balade à pied, je vous recommande une balade à cheval sur la plage ! Les chevaux avancent le long de l’eau tandis que le soleil descend à l’horizon. Les ombres s’allongent sur le sable. Le ciel change lentement de couleur. Le vent de l’Atlantique accompagne la promenade. Pour les adultes aguerrit, le galop est inoubliable ! Pour les enfants, le sentiment de liberté l’est tout autant. C’est probablement l’activité que nous avons préféré à Essaouira.
Chez Hafida, comprendre le Maroc en mettant les mains dans la pâte

À une vingtaine de kilomètres d’Essaouira, dans la campagne près de Sidi Kaouki, nous avons eu la chance de faire un cours de cuisine chez l’habitant. L’expérience commence par une porte qui s’ouvre. Derrière, Hafida et sa famille nous accueillent chez eux pour nous faire découvrir la cuisine berbère. Dans leur maison.
On commence par le tajine. On prépare les légumes, on dispose le poulet puis on ajoute les épices. Un arc-en-ciel ! On les sent, on apprend à les doser. Hafida ajoute ensuite de l’huile d’argan alimentaire, produite directement par la famille.
Tout le monde participe. Les mains des enfants trouvent naturellement leur place dans cette cuisine. Ils découpent, mélangent, assaisonnent, goûtent à la volée !
Puis le tajine est installé sur la braise. À partir de là, il faut attendre 1h20. Et cette attente fait partie de l’expérience. On boit un thé marocain préparé dans les règles de l’art, accompagné de biscuits traditionnels. Hafida nous montre également les productions de la famille : l’huile d’argan bien sûr, leur miel, puis l’amlou. On goûte. On reprend une cuillère. Miam !
Pendant que le tajine poursuit sa cuisson, nous passons à la préparation des batbouts, ces petits pains marocains que l’on prépare à la main. Il faut pétrir la pâte, la façonner, la laisser reposer. Les gestes sont simples en apparence. On observe Hafida, on essaye à notre tour, on recommence. Puis les petits pains sont cuits directement sur le feu et mis de côté pour accompagner le repas.
Les enfants sont fascinés !
Puis vient enfin le moment que tout le monde attend. Hafida soulève le couvercle du tajine. La vapeur s’échappe. Les odeurs remplissent la pièce. Nous nous installons tous ensemble pour manger ce que nous venons de préparer. Un bonheur pour tous les sens.




